Alphonse ALLAIS (1854-1905)

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Alphonse ALLAIS (1854-1905)

Message par Anaska le Lun 13 Mar - 20:32

Alphonse Allais est né en 1854 et peut être considéré aujourd’hui comme le spécialiste de la théorie de l’absurde. Parmi les nombreuses particularités de cet auteur emblématique de l’humour noir, on retiendra son appartenance au mouvement Fumiste, ou au club des Hydropathes, il eut aussi la réputation d’être l’un des principaux piliers du célèbre cabaret parisien, le Chat Noir, notamment pour y avoir dirigé une revue.

Alphonse Allais maniera l’humour noir jusqu’au bout, puisqu’il ira même jusqu’à annoncer sa mort, le 28 octobre 1905 à Paris en prédisant son funeste destin à son meilleur ami : « Demain je serai mort ! Vous trouvez ça drôle, mais moi je ne ris pas. Demain, je serai mort ! ».

On peut considérer Allais autant Poète qu’humoriste, il s’est essayé entre autres à ce qu’on appelle le poème holorime, fait entièrement de vers homophones, où la rime est constituée dans la totalité du vers.

Exemple :

« Par les bois du djinn où s’entasse de l’effroi,
Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »

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Re: Alphonse ALLAIS (1854-1905)

Message par Anaska le Lun 13 Mar - 20:32

Complainte amoureuse

Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les veux que je vous offris !
En vain, je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis ;
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes
Et je ne sais comment vous pûtes,
De sang-froid voir ce que je mis.
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez

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Re: Alphonse ALLAIS (1854-1905)

Message par Anaska le Lun 13 Mar - 20:33

Nous nous étalons

Nous nous étalons
Sur des étalons.
Et nous percherons
Sur des percherons !

C'est nous qui bâtons,
A coup de bâtons,
L'âne des Gottons
Que nous dégottons !...
Mais nous l'estimons
Mieux dans les timons.
Nous nous marions
A vous Marions
Riches en jambons.
Nous vous enjambons
Et nous vous chaussons,
Catins, tels chaussons !
Oh ! plutôt nichons
Chez nous des nichons !
Vite polissons
Les doux polissons !
Pompons les pompons
Et les repompons ! (...)
Du vieux Pô tirons
Quelques potirons !
Aux doux veaux rognons
Leurs tendres rognons,
Qu'alors nous oignons
Du jus des oignons ! (...)
Ah ! thésaurisons !
Vers tes horizons
Alaska, filons !
A nous tes filons !
Pour manger, visons
Au front des visons,
Pour boire, lichons
L'âpre eau des lichons.
Ce que nous savons
C'est grâce aux savons
Que nous décochons
Au gras des cochons.
Oh ! mon chat, virons,
Car nous chavirons !

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Re: Alphonse ALLAIS (1854-1905)

Message par Anaska le Lun 13 Mar - 20:34

Rimes riches à l'oeil

L'homme insulté‚ qui se retient
Est, à coup sûr, doux et patient.
Par contre, l'homme à l'humeur aigre
Gifle celui qui le dénigre.
Moi, je n'agis qu'à bon escient :
Mais, gare aux fâcheux qui me scient !
Qu'ils soient de Château-l'Abbaye
Ou nés à Saint-Germain-en-Laye,
Je les rejoins d'où qu'ils émanent,
Car mon courroux est permanent.
Ces gens qui se croient des Shakespeares
Ou rois des îles Baléares !
Qui, tels des condors, se soulèvent !
Mieux vaut le moindre engoulevent.
Par le diable, sans être un aigle,
Je vois clair et ne suis pas bigle.
Fi des idiots qui balbutient !
Gloire au savant qui m'entretient !

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