Comment voit le chrétien la mort?

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Comment voit le chrétien la mort?

Message par Anaska le Lun 30 Mai - 23:09

Comment voit le chrétien la mort?
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Re: Comment voit le chrétien la mort?

Message par manouche le Dim 5 Juin - 16:06

Pour le chrétien , la mort n'est pas la fin de toute vie, mais un passage vers une autre vie...

"Ô mort, que ton évocation est amère…" Cette parole du Siracide est très actuelle. Dans une société où la vie et la réussite sont mises en avant, la mort est l'échec absolu sur lequel tout vient buter. La conviction du croyant n'est-elle pas un peu trop idyllique : "Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra" ? Quand nous sommes touchés par la mort de nos proches ou par des morts innocentes, notre foi suffit-elle ? Est-il possible de croire en la vie malgré tout ?


La mort d'une personne aimée provoque douleur et angoisse. Elle met fin à une relation qui nous construisait, qui faisait partie de notre vie, elle révèle également notre impuissance à arracher nos proche aux griffes de la mort, et donc notre fragilité. Cette peur de mourir est exacerbée dans nos sociétés occidentales, parce que les valeurs prônées – pouvoir de la science, mythe de l'éternelle jeunesse – nient la mort. Tout est fait pour nous faire oublier que nous sommes mortels. Elle est chassée de la vie publique comme un personnage indésirable. S'il y a une ligne de partage, elle n'est plus entre croyants et incroyants, parce que les réactions devant la mort effraient ou à tout le moins questionnent les uns comme les autres. Serait-ce que le message chrétien n'a plus suffisamment de force ou qu'il serait inactuel ?

La mort, aiguillon pour la foi

Le Dieu d'Israël se présente comme le Dieu des vivants. La mort n'est pas le lieu de Dieu. Le "séjour des morts ne peut te louer, ni la mort te célébrer. Ceux qui sont descendus dans la tombe n'espèrent plus en ta fidélité" (Isaïe 38,18). Au moment où le souffle les quitte, les défunts vont dans le monde souterrain des ombres et des ténèbres, que la Bible appelle "shéol".C'est le pays de l'oubli : "Ton miracle se fera-t-il connaître dans les Ténèbres, et ta justice au pays de l'Oubli" (Psaume 88,13). Quand l'homme meurt, il est séparé de Dieu. Être mort, c'est être coupé de Dieu. Pour cette raison, les Israélites ont mis longtemps avant de spéculer sur une vie après la mort. Pour eux, l'au-delà, c'est la non-vie. Pas de salut après la mort !

Pourtant, jamais le croyant n'a caché son dégoût pour la mort. Si Dieu est le Dieu des vivants, comment peut-il laisser ceux qui croient en lui descendre au shéol ? Job s'est interrogé, lui le juste poussé vers 1a mort : "Où a-t-on vu des hommes droits disparaître ?" (Job 4,7) La question d'une vie après la mort s'est posée tardivement en Israël, au 2e siècle av. J.-C.

Des hommes jeunes avaient pris le maquis pour lutter contre la volonté des grecs d'imposer le culte de Zeus à Jérusalem ; ils avaient été nombreux à périr au cours de cette guerre sainte racontée dans les livres des Maccabées. La question des survivants devenait prégnante : le Seigneur délaisserait-il ceux qui donnent leur vie pour lui ? Ainsi, peu à peu, est née l'idée d'une vie après la mort. Le mot le plus fréquent pour en parler a été "résurrection", mais on trouve également les mots "élévation" ou encore "exaltation". Parler d'une vie après la mort relève de la foi, d'une perception du Dieu des vivants qui agit dans l'existence présente. La mort n'est plus un lieu sans Dieu, la fin de toute vie, mais un passage vers une vie autre.

Jésus combat la mort

La foi chrétienne repose sur cette conviction fondamentale : ce Jésus qui est mort sur une croix, Dieu l'a ressuscité, il est vivant ! La contestation de la mort est ainsi le point de départ de l'aventure chrétienne. Elle est la clé de lecture de la théologie de saint Paul et des évangiles. De nombreux récits évangéliques montrent Jésus aux prises avec la mort. Il l'affronte en un combat violent. Ses guérisons, ses "réanimations" (la fille de Jaïre, le fils de la veuve de Naïn), ses pleurs devant le tombeau de Lazare en sont autant de signes. Jésus engage un combat pour supprimer les malheurs de l'homme. Le Dieu des vivants de l'Ancienne alliance se donne à voir dans le combat de son fils contre la mort et 1a souffrances.

Pourquoi la mort ?

Ces convictions de foi ne gomment cependant pas la question : pourquoi Dieu permet-il la mort violente, la mort injuste de l'innocent ? Deux épisodes évangéliques vont nous éclairer regroupés par St Luc (chap. 13, v. 1-5).

Le premier évoque la répression violente du gouverneur romain Pilate contre des pèlerins galiléens : "à ce moment survinrent des gens qui rapportèrent à Jésus l'affaire des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices..." (Luc 13, 1-2) Pour une raison inconnue, Pilate a massacré un groupe de pèlerins se rendant à Jérusalem. Derrière la transmission de cette nouvelle, Jésus sait qu'une question pointe : qui est responsable de ces morts ? Parce qu'il y a nécessairement un coupable. Dans les convictions de l'époque, on pensait que mourir jeune ou de mort violente était payer pour le mal commis. Jésus répond par un refus : "Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens ? Non !" (v. 2-3) Pour Jésus, leur mort n'a rien à voir avec un mal ou un péché. Mais il invite ses auditeurs à se convertir. Pourquoi ? Pour répondre, il nous faut regarder un second fait divers tragique.

Il s'agit de l'effondrement d'une tour à Siloë, qui fait dix-huit morts (v. 4). Même réaction de Jésus. Notre regard sur Dieu doit changer. Jésus nie que Dieu juge et punit les homme selon leurs péchés. Dieu n'est pas un tueur. Il est le Dieu des vivants. Voir son action derrière les drames, c'est croire en un Dieu qui écrase les pécheurs. Faire sienne cette image là, c'est se demander en face de quel Dieu se joue notre vie ? C'est là l'unique question que posent les mauvaises nouvelles et les tragédies de l'histoire. Si Dieu est confondu avec la tragédie, il est logique de le haïr. Si Dieu est celui que révèle Jésus dans les évangiles, il est le Dieu qui souffre avec, qui combat la souffrance, qui détruit la mort. Jamais la responsabilité d'aucune mort n'est attribuée à Dieu. Devant la mort qui nous angoisse, les écritures invitent à l'espérance.

L'espérance par-delà la mort

Du point de vue chrétien, l'espérance s'enracine dans la foi que la mort n'est pas le dernier mot de tout, qu'elle est certes un gué redoutable, angoissant, mais qu'elle peut être franchie et qu'elle l'a été en Jésus-Christ. La résurrection a une portée historique. Si elle concerne bien le destin historique de Jésus mort en croix, elle a une portée universelle : elle signifie que, dans le présent même, le mur de la mort qui prend figure de l'indéchiffrable, peut être traversé.

Pour le dire autrement, l'espérance s'enracine sur la confiance faite à la Parole de Dieu, transmise par les croyants de tous les âges. Le "Lève-toi et marche !" des évangiles symbolise bien le caractère dynamique de la Parole de Dieu. Ce "Lève-toi et marche" rappelle la création de Dieu, qui façonne à partir du chaos et du néant. Les paroles de résurrection du Christ mobilise dans le paralysé, dans l'homme exclus et sans avenir, des énergies endormies ou mortes. Elles sont divines parce qu'elles ouvrent un avenir. "Lève-toi et marche", c'est l'antithèse de l'homme couché à jamais dans la tombe. Elle devrait être la parole même des croyants à notre monde actuel. Parole qu'ils entendent d'abord pour eux-mêmes, mais qu'en écho, ils doivent pouvoir adresser à une société marquée par le doute, tentée par le vide, fascinée par la noirceur de l'avenir, désireuse de faire reculer la mort. L'espérance constitue le fondement de la foi. Elle tient dans l'affirmation que quelque chose d'autre est possible, et même certain.

manouche

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