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Mort de Maurice G. Dantec

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Mort de Maurice G. Dantec

Message par Yacoub le Mar 28 Juin - 11:16

MP3 Maurice Dantec

Maurice Dantec MP3 II


Mort de Maurice G. Dantec, fleur du mal du cyber-polar


   Par Olivier Delcroix

Dans ses outrances, ses excès, ses fulgurances, l'écrivain Maurice G.Dantec, décédé le 25 juin à Montréal à 57 ans, était un enragé littéraire qui suintait l'apocalypse par tous les pores.


DISPARITION - L'auteur de La Sirène rouge, des Racines du mal ou Babylon Babies, est décédé d'une crise cardiaque dans la nuit du samedi 25 juin à l'âge de 57 ans, a annoncé la maison d'édition Inculte.

L'écrivain Maurice G. Dantec, véritable tête brûlée littéraire, est décédé d'une crise cardiaque dans la nuit du samedi 25 juin à l'âge de 57 ans, a annoncé la maison d'édition Inculte. Voilà une véritable surprise pour le milieu de l'édition française, qui ne s'attendait certes pas à une telle disparition.

Naturalisé canadien, le romancier français, avait publié en 2015 son dernier livre Les Résidents. «Chaleureux, généreux, amical et humain, Maurice G. Dantec aura marqué la littérature française de son œuvre unique», écrit l'éditeur dans un message publié sur Facebook.


«Il est mort chez lui, dans la nuit de samedi à dimanche, a confié à L'Express un des cofondateurs des éditions Inculte. Il était malade depuis longtemps, son corps a lâché.»

Né en 1959 à Grenoble, scolarisé au lycée Romain-Rolland d'Ivry-sur-Seine, le jeune Dantec passe son enfance dans la ceinture de municipalités communistes appelée la «banlieue rouge». Son entrée remarquée en littérature, il la fait grâce à la série Noire, avec La Sirène Rouge, un brillant techno-thriller qui annonce une œuvre puissante.

Autant dire que Dantec aura surgi tel un diable de sa boîte au cours des années 1990 avec des romans oscillant entre le polar et la littérature d'anticipation apocalyptique, de La Sirène rouge (1993, Gallimard), à Villa Vortex (Gallimard, 2003), en passant par Les Racines du mal (1995, Gallimard), et Babylon Babies. Dans ses outrances, ses excès, ses fulgurances, cet enragé littéraire suintait l'apocalypse par tous les pores.

Entre 1993 et la parution de La Sirène rouge, suivi deux ans plus tard des Racines du Mal, cet écrivain marginal qui aura fini par vivre au Canada, loin de la France, s'était nourri à la diable de culture underground américaine des années 1960 et 1970.

Lecteur assidu de Céline, de Dostoïevski, féru de Burroughs et de Philip K. Dick, Dantec, fut un musicien rock immergé dans les textes de Deleuze et Nietzsche. Au début des années 2000, il fera scandale avec le premier tome de son journal, Théâtre des opérations, sous-titré Journal métaphysique et polémique (Gallimard), qui secoua le cocotier d'une petite société littéraire guère habituée à voir les écrivains mettre le feu aux rideaux.

Dantec écrivait compulsivement des histoires qui ne furent ni tout à fait du polar, ni tout à fait de la science-fiction. Ses livres étaient de véritables pavés torrentiels. Ils mettaient souvent en scène son héros, celui de La Sirène rouge, Hugo Cornélius Toorop, mercenaire impavide, mélancolique mais diablement professionnel.

Fresques angoissantes, ces cybers polars rock et SF étaient habités d'une belle hargne, celle de celui qu'on avait baptisé le «prince du néopolar.» Les Racines du Mal racontaient une traque d'une secte sanglante, Babylon Babies fut d'abord le récit d'une naissance: naissance de Toorop à un monde furieusement éclaté par la réalité cyber, naissance du nouvel Homme, aussi supérieur à nous que nous le sommes au singe.
Le monde comme un immense générateur de souffrance

Avec Villa Vortex, Dantec conta ensuite le convoyage épique d'une jeune femme enceinte, une sorte de cyber vierge Marie, qui lui fournit l'occasion de belles scènes de flammes, notamment après une bataille en plein centre de Montréal, où la jeune femme échappe à tous, escorte et poursuivants.

Les romans de Dantec prenaient souvent une dimension métaphysique ambitieuse comme on rate un virage. en cela, il se rapprochait d'un Michel Houellebecq. D'ailleurs, comme le précisa Dantec dans une interview en 2003: «Les Particules élémentaires furent pour moi un choc esthétique. C'est une meilleure chose qui soit arrivée à la littérature française depuis longtemps. Houellebecq joue sur le terrain du nihilisme schopenhaurien. Moi, je joue du côté de Nietzsche. Nous nous rejoignons sur le fait que le monde est un immense générateur de souffrance.»

Depuis Montréal, l'écrivain poursuivait une quête du sens d'un monde à la dérive, tout en fustigeant l'extrémisme islamique, brocardant l'ultralibéralisme et passant sans transition du rock punk à Crébillon. Libre-penseur converti au catholicisme, Dantec avait une vision hallucinée du monde. Visionnaire, poète égaré, nombreux furent ceux qui auront voulu le faire passer pour un fou. Mais le fut-il vraiment?


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Yacoub

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